Mick Jagger et le Bouddha

Un jour, Mick Jagger, des Rolling Stones alla voir le Bouddha et lui dit[1] : « I can’t get no satisfaction (2 fois), Cause I try and I try and I try and I try, I can’t get no (2 fois) » Il lui demanda de l’aide, car il était très malheureux. Le Bouddha lui sourit et répondit simplement : « Stop trying! »

Voyant l’air perplexe du chanteur, le Bouddha expliqua que l’être humain travaille très fort pour satisfaire ses désirs, sans se rendre compte que la satisfaction ne peut jamais durer, car quoi qu’on obtienne, l’objet de son désir est appelé à perdre ce qui le rendait désirable. De plus, on risque à tout moment d’être séparé de cet objet auquel on s’est attaché.

Il continua en lui expliquant que l’on est attiré par quelque chose (ou par quelqu’un) pour des caractéristiques qui ne peuvent pas durer: la jeunesse, la santé, la carrière stimulante, la bonne réputation ou l’idée de gagner beaucoup d’argent.

« Mais surtout — et c’est ça le plus important —, cet agréable sentiment de satisfaction du désir, obtenu après tant d’efforts, est lui-même est appelé à disparaitre. Vous avez obtenu ce que vous désiriez, mais vous en êtes à présent blasé. La femme qui vous était tellement attirante ne l’est plus autant, et vous en regardez maintenant une autre.

— Ce que vous dites est tellement vrai! répliqua le chanteur. J’ai travaillé fort et j’ai atteint les objectifs que je m’étais fixés. Je suis célèbre, je suis riche, je parcours le monde, je mange dans les meilleurs restaurants et je côtoie les plus belles femmes du monde. Et pourtant, je ne me sens pas pleinement heureux, pas satisfait. »

Le Bouddha fit écho aux propos du chanteur en disant qu’il y a toujours quelque chose qui cloche: ce qu’il obtient n’est jamais tout à fait à la hauteur de ses attentes. Le chanteur répondit que c’est exactement ça : « un décalage entre ce que je voudrais que ma vie soit et la vie que j’ai. Il me manque toujours quelque chose, mais je ne sais pas ce que c’est. »

Le Bouddha lui répondit que ce qui lui manque est la sagesse de comprendre que le monde n’existe pas pour satisfaire sa recherche de plaisir. La sagesse de voir les choses (et les gens) telles qu’elles sont réellement, et non comme il aimerait qu’elles soient, c’est-à-dire plaisantes et durables.

« Aveuglé par votre soif de plaisir, vous courez après tout ce qui vous parait agréable afin d’en obtenir le plus possible, ignorant la nature impermanente de toutes ces choses. Ainsi, lorsque ces choses changent ou disparaissent, vous êtes déçu et malheureux.

— Je vois ce que vous voulez dire: j’oscille sans arrêt entre désir et aversion, désirant ce qui m’apparait plaisant et repoussant ce qui m’apparait déplaisant. J’ai des attentes envers la vie, envers les gens, et parce que la vie ou les gens ne sont pas, ou ne sont plus exactement comme je le veux, je suis déçu de la vie et déçu des gens. »

Le chanteur demeura silencieux, contemplant le fait qu’il est lui-même responsable de son insatisfaction.

« Est-ce que c’est seulement possible de sortir de ce piège?

— Oui, lui répondit le Bouddha, il y a une manière d’en sortir, de trouver une véritable paix intérieure.

— Quelle est cette manière? Dites-moi, je vous en supplie!

— Vous devez comprendre réellement et profondément que rien ni personne ne peut être satisfaisant en permanence, et que rien ni personne n’existe pour votre bon plaisir.

— Vous avez raison. Que me faut-il faire?

— Vous devez vous observer attentivement, afin de prendre conscience des erreurs que vous commettez. Vous pouvez croire que vous le comprenez, car ça vous plait de penser que vous possédez cette sagesse. Mais méfiez-vous de vos propres pensées: elles sont trompeuses.

— Je vois. Mais comment puis-je faire pour éviter de me laisser berner par mes pensées?

— En étant continuellement attentif à ce qui se passe en vous, moment par moment. Cette faculté de conscience attentive, vous devez la développer par vous-même. C’est un peu comme en musculation : si vous demandez à une autre personne de soulever les haltères à votre place, ce sont les muscles de cette personne qui se développeront; pas les vôtres.

— Vous avez raison. Que me faut-il faire?

— Apprenez à concentrer votre esprit et à maitriser votre esprit.

— Apprenez à comprendre la nature impermanente de tout ce qui se manifeste à votre conscience.

— Et comment fait-on ça?

— Asseyez-vous, fermez les yeux, observez votre respiration naturelle, observez vos sensations. »

 

[1] Satisfaction, Rolling Stones

unsplash-logoLa photo est une gracieuseté de Ravi Pinisetti

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4 réflexions au sujet de “Mick Jagger et le Bouddha”

  1. L’exemple est frappant , le titre « accroche » en citant les Rolling Stones et le summum …….. le tout ILLUSTRÉ par une vidéo , WOW !!!!

    Je ne veux pas être celui qui empêche de tourner en rond , mais…………. Mick Jagger est-il vraiment au courant que l’on se sert de son nom, et serait-il d’accord pour le rendre public ???? Si la réponse est OUI , chapeau , je me range a ses cotés.

    Marcel H.

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